Embrayage Ducati

published 05/07/2021 | last modified 05/07/2021

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Récemment, je décidais de changer une bonne partie des pièces de mon embrayage, car celles-ci accusaient une usure prononcée… nonobstant que tout fonctionnait parfaitement bien. Evidemment, après remontage, et quelques centaines de kilomètres, je sentais parfois “du mou” dans le levier, ce qui n’est jamais bon signe. Et puis sur circuit, c’est la panne : la moto refuse d’embrayer. Après de multiples démontages, purges et réflexions, la moto embraye, mais ne débraye plus assez (elle cale du coup).

Il semble que pour ce dernier problème, ce soit le niveau d’huile moteur qui soit la cause. Ca paraît bizarre (il s’agit d’un embrayage à sec) mais en y réfléchissant, la tige-poussoir comporte 2 joints toriques en contact avec l’huile moteur, et si la pression de cette dernière est trop importante, ça peut pousser sur les joints et faire joueur la position de la tige. A vérifier sur le long terme.

Diagnostiquer

Je crois tout d’abord que lorsqu’un problème d’embrayage se pose, il faut démonter les caches de la moto et observer ce qui se passe, moteur en l’arrêt et moteur en marche, avant tout démontage. A titre d’exemple, je ne constatais aucune anomalie apparente moteur à l’arrêt (la plaque de pression se décale bien quand je débraye, et revient en position initiale quand j’embraye). En revanche, moteur tournant, la plaque se décalait mais revenait ensuite, alors que je maintenais en position débrayée. Or, quels facteurs peuvent intervenir entre un moteur arrêté et un moteur en marche ? Ma foi, plusieurs, mais on peut citer la force centrifuge et la pression d’huile. D’où un premier diagnostic possible, confirmé par le manuel utilisateur : trop-plein d’huile moteur. Je vidange 200 ml et l’embrayage fonctionne correctement. CQFD.

Liste de causes probables

  • le DOT est vieux : soit vous n’avez pas purgé depuis longtemps (2 ans étant un maximum), soit vous avez purgé (mon cas) mais vous avez utilisé un DOT tiré d’une bouteille ouverte depuis 6 mois ou plus. Le DOT a pu voir sa qualité diminuer en raison de l’humidité de l’air, il n’est plus fonctionnel à 100%. La bonne pratique consiste à marquer la date d’ouverture sur la bouteille de DOT et ne pas l’utiliser si celle-ci dépasse 6 mois.
  • il y a une fuite de DOT : vous perdez en pression (et votre DOT prend l’humidité par la même occasion). A tester visuellement, en nettoyant bien et en démarrant la moto, pour se mettre en conditions réelles (dilatation des pièces, vibrations du moteur…). C’est fou ce qu’on peut déceler quand on regarde très attentivement toutes les pièces constitutives de l’embrayage…
  • surplus d’huile dans le moteur : cf infra
  • mauvais remontage des pièces : ordre des disques, oubli d’une goupille, mauvais alignement, vis de la plaque de pression non serrées au couple…
  • pièces usées ou déformées
  • absence de la pièce (peut arriver si votre moto est d’occasion et que le précédent mécano a merdé)

Rationalité

Je crois également qu’il faut être rationnel. Lorsqu’une moto ne fonctionne pas, on a tendance à changer des pièces : pour certaines, c’est rationnel. Pour d’autre, beaucoup moins. Par exemple, j’ai changé un piston d’embrayage (qui comporte un joint, donc une pièce d’usure)… mais je m’apprêtais aussi à changer son carter, qui lui, rationnellement, ne peut pas s’user. C’était sous le coup de l’énervement, c’est humain… mais pas rationnel.

En conclusion

Devant une panne d’embrayage, s’interroger :

  • est-ce soudain ? ou bien y a-t-il eu des prémices ?
  • un bruit est-il survenu ? la moto est-elle devenue anormalement bruyante ?
  • moteur arrêté, moteur en marche, à chaud, à froid, qu’observe-t-on lorsqu’on a ôté les caches ?
  • si rien n’est visible, démontons et auscultons les pièces avec soin, tant leur ordre de montage que leur aspect (présence d’huile, rayures, déformations…)
  • testons d’abord les solutions les plus évidentes (mauvaise purge, vieux DOT…) et les plus simples (fussent-elles bizarres), avant d’acheter à tout va sur internet

Des trucs qui peuvent servir

  • tester l’étanchéité d’un circuit : contraindre la poignée d’embrayage par un rizlan et laisser toute la nuit ; regarder le niveau du liquide au petit matin et constater d’éventuelles fuites
  • voir s’il y a de l’huile sur les disques d’embrayage -> cela signifie qu’un joint ne fait plus son office sur la tige poussoir